La sur-traitance industrielle : le cas de Factory5

À l'image d'Apple, de Google, etc. l'industrie commence aussi à s'organiser autour du concept de plateforme donc de sur-traitance. Définition : "la sur-traitance, par opposition à la sous-traitance, coiffe la chaîne de la valeur et organise horizontalement le marché". 

On parle désormais d'écosystème plus que de cluster, de sur-traitance plus que de sous-traitance. En fait, la sur-traitance est le positionnement des entreprises au cœur même de leur écosystème qu'elles cherchent généralement à créer en instituant des plateformes Internet. Tous les autres acteurs de l'écosystème vont alors dépendre de ces dernières pour commencer. Ainsi les entreprises dictent le jeu et récoltent les marges. Cela a été rendu possible grâce à l'apparition des plateformes numériques. La sur-traitance réorganise ainsi des pans entiers de l'économie, tels que par exemple : la téléphonie, le marketing, le commerce (e-commerce) mais aussi la santé (digital health), l'usine (4.0), etc.

Factory5 est une proposition industrielle nouvelle qui met en relation des producteurs de micro-usinage avec des manufacturiers. 

C'est en quelques sorte du B2B basé sur une plateforme numérique avec un service en temps réel de haute performance. 

Interview d'un acteur industriel de la sur-traitance qui propose en Suisse un tel produit appelé "Factory5". 
Questions à Samuel Vuadens. 

Comment définir Factory5 ? 

Samuel Vuadens : C'est une plateforme qui s'adresse à des manufacturiers qui produisent des pièces inscrites dans un cube e 50 mm d'arête. L'usager trouve sur Factory5 l'accès à des smart machines, à des applications process et connect. Grâce à cette offre, il peut accéder en quelques clics au onde connecté de l'industrie car aujourd'hui elles sont déjà en fonction et il faut juste pouvoir les utiliser rapidement. Les outils du cloud sont concrets... en quelque sorte... ils ne sont plus dans les nuages. 

Est-ce que les plateformes sont "la" nouvelle organisation des écosystèmes pour les usagers ? 

Samuel Vuadens : Les gens sont avec notre système directement en contact donc en temps réel et savent si leur demande peut être satisfaite, dans quel délai et à quel prix et ceci n'importe où et n'importe quand. C'est un progrès immense qui fait gagner du temps et de l'argent (concurrence). En plus, on offre un historique de tout ce qui se passe ou s'est passé. C'est une garantie de qualité, de constance. Avec l'historique, toujours accessible, on entre dans un monde nouveau de transparence. Le processus est ainsi - en quelque sorte - homologué. La qualité est ainsi assurée dans le temps. 

Cette organisation en sur-traitance propre à l'industrie 4.0 va-t-elle influencer toute la société ? 

Samuel Vuadens : Oui, l'industrie a une influence bien plus grande qu'on ne le pense en général. Ce qui change maintenant, c'est que cette révolution est avant tout numérique. Donc pour être plus précis il faudrait que le couple hardware/software pousse à modifier toutes les couches de la société. Tout va changer à l'image de la 1ère révolution industrielle. L'enseignement devient MOOC, les télécom deviennent cloud, les objets deviennent connectés... les produits sont personnalisés à l'exrtême ce qui est une rupture forte avec la production de masse. 

En conclusion : on peut dire que grâce à de tels "shapers" industriels, la Suisse rejoint peu à peu la conception économique des GAFA. 

Publication dans l'AGEFI du 29.06.2018 - Auteur : Xavier Comtesse